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Politique & Société
L'actualité politique française en continu : Assemblée nationale, gouvernement, réformes, partis et grands débats de société, reformulée et sourcée par la rédaction Zapmo.
Affaire Pierre Ménès : la condamnation pour agression sexuelle devient définitive
L’ancien consultant sportif Pierre Ménès se retrouve définitivement fixé sur son sort judiciaire. Sa condamnation à deux mois d'emprisonnement avec sursis pour agression sexuelle est désormais actée, après que son appel a été jugé irrecevable et n'a pas pu être examiné par la justice. Connue pour avoir été prononcée initialement par le tribunal correctionnel de Paris en avril 2023, cette peine fait suite à des faits reprochés à l'ancien chroniqueur de Canal+, qui s'était notamment vu reprocher d'avoir collé sa poitrine à celle d'une victime et d'avoir frotté son sexe. L'appel formé par l'ancien visage du paysage audiovisuel sportif n'a pas abouti, faute d'avoir respecté les règles de procédure nécessaires, l'amenant à être qualifié de tardif par les autorités judiciaires. Cette décision marque un point final à cette procédure pour l'ancien consultant qui a longtemps officié sur les antennes du groupe Canal+ ainsi que sur diverses autres chaînes de télévision et de radio au cours de sa carrière dans les médias. Avec ce rejet définitif de son recours, la condamnation pénale assortie de sursis s'applique donc pleinement pour l'ancien journaliste sportif, qui enchaîne les polémiques ces dernières années.
Mobilisation des lycéens : vers un nouvel acte après les manifestations massives ?
La mobilisation des lycéens continue de faire des vagues à travers le pays. Depuis le début du mouvement en septembre, qui a vu des tentatives de blocage se multiplier en Île-de-France avant de s'étendre à d'autres régions, la contestation a pris une ampleur considérable. Ce mardi, une nouvelle journée de mobilisation a rassemblé entre 266 000 et 450 000 personnes dans l'Hexagone, selon les estimations, marquant un pic important dans la contestation menée par la jeunesse. Les manifestations de ce mardi se sont déroulées sous haute tension et sous haute surveillance dans plusieurs grandes villes, de Paris à Montpellier en passant par Marseille, Lyon ou encore Strasbourg. De nombreux établissements ont été bloqués dès l'aube. Cette journée a également été marquée par des heurts et des incidents, le bilan faisant état de 488 interpellations en France ainsi que de 43 membres des forces de l'ordre blessés lors des rassemblements. Face à l'ampleur du mouvement et aux blocages qui perturbent le fonctionnement des établissements, le gouvernement a réagi en urgence. Le Premier ministre a annoncé la mise en place d'un « temps de démocratie interne » et la suspension des cours en fin de semaine partout en France, une mesure destinée à calmer la situation et à ouvrir le dialogue avec les lycéens. Malgré ces annonces gouvernementales et la suspension des cours décidée pour les prochains jours, la contestation ne faiblit pas. Les syndicats lycéens, qui ont reçu le soutien d'une intersyndicale de l'Éducation nationale, maintiennent la pression sur l'exécutif. Alors que les étudiants s'interrogent sur leur participation au mouvement, la question d'un « acte IV » dès ce jeudi est ouvertement posée pour la suite de la mobilisation. Cette séquence rappelle par son intensité les mouvements lycéens historiques qui ont jalonné les dernières décennies, comme ceux de 1990 ou de 2005, lesquels avaient déjà entraîné des mobilisations d'envergure nationale et obtenu des avancées significatives. Reste à savoir si la mobilisation de ce jeudi parviendra à maintenir le rapport de force entre les manifestants et le gouvernement.
Mobilisation lycéenne : entre blocus massifs et réunions au sommet pour le gouvernement
Emmanuel Macron, président de la République française depuis le 14 mai 2017 après être né à Amiens en décembre 1977, fait face à une contestation d'ampleur menée par la jeunesse. Cette mobilisation inédite met sous pression l'exécutif, qui tente de désamorcer la crise alors que les actions se multiplient partout dans le pays. La journée de mobilisation, qualifiée d'« acte III » par les participants, a entraîné le blocage de nombreux établissements scolaires dès les premières heures de la matinée. Les cours ont été suspendus dans plusieurs lycées, tandis que les manifestants continuent d'exiger des changements profonds, notamment concernant la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup. Les estimations chiffrent entre 266 000 et 450 000 le nombre de participants descendus dans la rue à travers la France pour porter leurs revendications. Malgré la détermination affichée des lycéens à poursuivre le mouvement en dépit des appels au calme du gouvernement, les cortèges se sont globalement déroulés sans incident majeur. Cependant, les tensions autour de ces blocus ont donné lieu à des interventions musclées des forces de l'ordre. Le bilan officiel fait état de 488 interpellations en marge des rassemblements, ainsi que de 43 membres des forces de l'ordre blessés au cours des opérations de sécurisation. Face à l'ampleur de la contestation et à la persistance du mouvement, le gouvernement surveille la situation de très près et multiplie les réunions d'urgence. L'exécutif cherche une issue politique pour répondre aux revendications des jeunes tout en maintenant l'ordre public dans les lycées.
Une journée de grève générale annoncée pour le 5 novembre face à la politique budgétaire
La contestation sociale s'organise autour d'une date clé. Plusieurs organisations syndicales, parmi lesquelles la CFDT, la CGT, FO, l'Unsa et la FSU, appellent à une mobilisation générale et interprofessionnelle le jeudi 5 novembre. Ce mouvement s'inscrit dans la continuité des précédentes mobilisations sociales en France, notamment celles observées dans la fonction publique. Les syndicats cherchent désormais à élargir la contestation à l'ensemble des secteurs d'activité, touchant à la fois le secteur public et le secteur privé. Au cœur de cette contestation figure le projet de budget du gouvernement, et plus particulièrement les coupes budgétaires prévues. Les organisations syndicales dénoncent un plan d'économies massif qui pèserait sur les services publics. Les revendications portent également sur le pouvoir d'achat, la fiscalité, l'emploi et l'industrie. Les grévistes et manifestants entendent ainsi réclamer des hausses de salaires ainsi que de nouvelles négociations salariales pour faire face à la situation économique actuelle. Cette journée nationale de grève et de manifestations devrait rassembler des salariés des secteurs public et privé, mais aussi des jeunes et des retraités à travers le pays. L'intersyndicale espère ainsi peser face aux choix budgétaires de l'exécutif.
Tensions dans les Yvelines : un bébé hospitalisé suite à un tir de mortier lors de mobilisations lycéennes
Le mouvement de contestation lycéen qui agite l'Île-de-France et plusieurs régions françaises, amorcé dès la seconde moitié du mois de septembre 2026, continue de générer des tensions sur le terrain. Les actions de blocage et les rassemblements devant les établissements scolaires s'accompagnent parfois de débordements sérieux, comme l'illustrent les récents événements survenus dans les Yvelines. Mardi 6 octobre 2026, à Saint-Cyr-l'École, un incident grave s'est produit à proximité immédiate d'un lycée bloqué. Un tir de mortier d'artifice a explosé tout près d'une poussette, blessant un nourrisson âgé d'un an. D'après les informations disponibles, l'enfant a dû être transporté en urgence à l'hôpital et souffrirait d'acouphènes à la suite de la déflagration. Face à cet événement, une lycéenne soupçonnée d'avoir actionné le dispositif pyrotechnique a été interpellée. La mise en cause a été placée en garde à vue dans le cadre de l'enquête ouverte pour déterminer les responsabilités exactes de ce tir qualifié par certains observateurs d'être intervenu à hauteur de poussette. Ce nouvel épisode s'inscrit dans un climat départemental particulièrement agité. La même semaine, d'autres incidents ont touché plusieurs communes des Yvelines, marqués notamment par un hall incendié à Trappes ainsi que des tirs de mortiers recensés à Guyancourt et Poissy lors des mobilisations. Ces dérapages posent à nouveau la question de la sécurité autour des blocus lycéens. Alors que le mouvement social initié à la rentrée entend porter des revendications contestataires, les actes de violence urbaine et l'utilisation d'artifices dangereux font peser des risques directs sur les riverains et les passants.
Après le drame du Gers, le Sénat ouvre le chantier des failles judiciaires
Le palais du Luxembourg, siège du Sénat français installé depuis 1799 dans l'édifice historique du 6e arrondissement de Paris construit par Marie de Médicis, se retrouve au cœur d'une séquence politique majeure. Cette institution accueille désormais une commission d'enquête parlementaire pour faire pleine lumière sur les dysfonctionnements de la politique pénale, une initiative prise à la suite de la mort tragique d'une jeune collégienne de 11 ans. Les faits remontent à la fin du printemps dernier. La victime avait disparu le 29 mai dans le Gers, avant que son corps ne soit découvert sans vie le 4 juin à proximité, dans une exploitation agricole. Les expertises médicales menées par la suite ont mis en évidence un « syndrome d’asphyxie mécanique », permettant d'établir avec précision la cause de sa mort. Le principal suspect dans cette affaire reste mis en cause par la justice. Ce drame a provoqué une onde de choc judiciaire et politique considérable, entraînant des remous institutionnels en cascade. Devant la commission d’enquête sénatoriale, l'ancienne gestion municipale parisienne a dû s'expliquer sur la gestion du périscolaire, les anciens responsables plaidant des « dysfonctionnements » tandis que des associations ont fustigé une dilution des responsabilités dans le suivi des dossiers. En parallèle, l'onde de choc s'est propagée au Parlement avec l'arrivée en commission d'une proposition de loi « intégrale » visant à renforcer l'arsenal contre les violences sexistes et sexuelles. Ce texte suscite toutefois des débats nourris, notamment parmi les magistrats qui se montrent sceptiques face à certaines dispositions prévoyant la création de nouvelles juridictions spécialisées. Pour répondre à ces défaillances et renforcer la protection, des annonces financières d'envergure ont également été formulées. Un responsable gouvernemental a ainsi proposé de consacrer près d'1,5 milliard d’euros pour soutenir et amplifier la lutte contre ces violences, marquant une volonté de revoir globalement les moyens alloués à cette thématique. Alors que l'enquête judiciaire se poursuit pour éclaircir toutes les zones d'ombre de ce dossier, le calendrier législatif s'accélère à l'Assemblée nationale comme au Sénat. Ces différentes initiatives parlementaires et budgétaires dessinent une réponse politique directe aux défaillances institutionnelles mises en lumière par ce drame national.
Essai réussi pour la France avec un nouveau missile balistique depuis un sous-marin
La France a franchi une étape clé en réalisant un premier essai en mer d'une nouvelle version de son armement stratégique. L'opération s'est déroulée au large du Finistère, mettant en œuvre un sous-marin nucléaire lanceur d'engins. Le chef de l'État a assisté en personne à ce tir d'exercice d'un missile intercontinental. L'armement concerné est le modèle M51.3, qui représente une évolution majeure pour la dissuasion nucléaire française. Comme le veut le protocole pour ce type d'expérimentation, le tir a été effectué sans charge. Cet essai réussi du sous-marin Le Vigilant s'inscrit dans un climat géopolitique particulièrement tendu en Europe. Les autorités ont souligné l'importance de maintenir et de tester régulièrement ces capacités de défense pour garantir la sécurité du pays. Pour rappel, un sous-marin nucléaire lanceur d'engins est un submersible de grande taille propulsé par énergie nucléaire. Conçu pour transporter des missiles balistiques en tubes verticaux, il patrouille en plongée pour assurer une mission de dissuasion grâce à sa très forte discrétion acoustique, rendant sa localisation extrêmement difficile. Cette réussite technique démontre la fiabilité des équipements de nouvelle génération de la Marine. Les données recueillies lors de cet exercice au large des côtes bretonnes permettront de valider définitivement les performances de cette arme avant son déploiement opérationnel complet dans les forces.
Mobilisation lycéenne : un appui s'organise autour des manifestants
La contestation des lycéens et des étudiants se poursuit avec une ampleur marquée à travers le pays. Ce mouvement, qui s'inscrit dans la lignée des mobilisations syndicales historiques observées par le passé comme en 1990 ou en 2005, prend un nouveau tournant. Alors que l'Union syndicale lycéenne (USL) et ses prédécesseurs ont structuré la contestation au fil des années, ce nouveau temps fort de mobilisation voit converger différentes colères au sein de la jeunesse. Les manifestants expriment de multiples revendications concernant leurs conditions d'études au quotidien. Parmi les sujets au cœur de la contestation figurent la pression ressentie autour de la plateforme Parcoursup, le manque de remplacement des professeurs absents, l'état parfois délabré des infrastructures scolaires ainsi que le manque général de moyens alloués à l'Éducation nationale. Cette journée de mobilisation s'accompagne d'un soutien concret qui se met en place. Des syndicats professionnels et des organisations étudiantes ont annoncé se joindre au mouvement, créant ainsi une coalition des mécontentements entre enseignants, étudiants et lycéens. Sur le terrain, les chiffres de participation témoignent de l'ampleur de la contestation, avec des dizaines de milliers de manifestants et des centaines d'établissements bloqués à travers le territoire, tandis que les bilans font état de tensions et de contestations dans plusieurs agglomérations. Par ailleurs, un incident survenu lors des rassemblements a conduit à la saisine de l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) à la suite de la diffusion d'une vidéo sur les réseaux sociaux montrant une intervention policière impliquant une adolescente. Face à cette situation tendue à un peu plus de six mois d'échéances importantes, les différents acteurs appellent à la poursuite de la mobilisation, ouvrant une période d'incertitude quant à l'évolution du dialogue social dans les lycées et universités.
Lycées bloqués : ce qui change dès mercredi avec la demi-journée de dialogue
Après une série de journées marquées par de fortes mobilisations et des tensions dans plusieurs régions, le mouvement des lycéens se poursuit à travers l'Hexagone. Les manifestants réclament de meilleures conditions d'étude, ce qui a entraîné des rassemblements, des perturbations et des blocages d'établissements, notamment en Île-de-force et dans la région de Marseille où des milliers de participants ont été recensés par les autorités. Face à l'ampleur de la contestation et aux incidents constatés ces derniers jours, le ministère de l'Éducation nationale a annoncé de nouvelles mesures pour tenter d'apaiser la situation. Dès ce mercredi, les lycées rouvrent leurs portes avec la mise en place d'une demi-journée banalisée dédiée à un temps de dialogue citoyen, tout en maintenant les cours le reste du temps. Cette initiative intervient alors que le gouvernement prévoit également d'ouvrir prochainement une plateforme de concertation. Cet espace numérique doit permettre aux élèves de faire remonter directement leurs inquiétudes ainsi que leurs revendications face aux difficultés rencontrées dans leurs établissements. Du côté des syndicats et des autorités, les discussions se poursuivent pour tenter de trouver des solutions durables. Les organisations représentatives des personnels et les associations de parents d'élèves sont ainsi amenées à échanger avec le ministère afin d'aborder les points de crispation à l'origine de cette mobilisation d'ampleur nationale.
Tensions lors des mobilisations lycéennes à Paris : Éric Ciotti réclame le départ du maire de Saint-Denis
La situation politique se tend autour des récentes mobilisations de lycéens à Paris. Éric Ciotti, maire de Nice, a publiquement exigé la révocation de son homologue de Saint-Denis, Bally Bagayoko, estimant que ce dernier attise les tensions sur le terrain. Les faits reprochés à l'édile de Saint-Denis se sont déroulés en marge d'un cortège lycéen dans la capitale. Selon les informations rapportées, Bally Bagayoko a été aperçu au cœur des rassemblements aux côtés de manifestants, s'interposant à plusieurs reprises entre la foule et les forces de l'ordre. Face à ces agissements, la réaction politique ne s'est pas fait attendre. Le maire de Nice a estimé sur les plateaux télévisés que l'élu insoumis incitait à la violence, affirmant que le Conseil des ministres disposait de la faculté de prononcer une révocation dans une telle situation. Du côté de la justice, la situation s'accélère également pour le maire de Saint-Denis. Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a effectivement saisi la justice pour des faits présumés de provocation à commettre un délit. Ces tensions s'inscrivent dans un climat politique déjà marqué par des divergences profondes entre les deux élus sur la gestion des collectivités, notamment en matière de politiques scolaires et de gratuité des fournitures. Cette demande inédite de révocation ministérielle relance le débat sur le rôle des élus locaux lors des mouvements sociaux et des manifestations de rue en France. Les suites de cette affaire dépendront désormais des décisions de la justice saisie par la préfecture et de l'éventuelle suite donnée par le gouvernement à la requête d'Éric Ciotti.
Acte III de la mobilisation : blocages de lycées et grève générale enclenchés ce mardi
Ce mardi 6 octobre marque un nouveau tournant dans la contestation menée par la jeunesse. Alors que le mouvement de blocus entre dans sa troisième semaine, les organisations lycéennes appellent à un « acte III » de leur mobilisation partout en France, confrontées à ce qu'elles décrivent comme un « mur politique ». Cette contestation s'inscrit dans la lignée des luttes portées historiquement par les syndicats lycéens, successeurs des organisations comme l'UNL ou La Voix lycéenne. La colère des élèves ne faiblit pas face aux réponses apportées jusqu'ici par le ministre de l'Éducation nationale ainsi que par le courrier du Premier ministre, jugées insuffisantes après une semaine marquée par de vives tensions. Pour amplifier la contestation, l'intersyndicale de l'Éducation nationale a choisi de se joindre officiellement au mouvement, appelant l'ensemble des personnels à la grève et à rejoindre les cortèges. En Occitanie, la mobilisation touche directement l'académie de Toulouse. Plusieurs établissements se retrouvent fermés ou bloqués ce mardi, illustrant l'élargissement de la fronde au niveau local. Partout en métropole et en outre-mer, des centaines d'établissements font face à des perturbations, entre blocages filtrants, fermetures administratives et cortèges de manifestants. Le bilan global de cette journée de mobilisation nationale fait état de 256 000 manifestants en France selon les chiffres enregistrés. À Paris, le départ du cortège a notamment été marqué par des bousculades impliquant le maire de Saint-Denis, Baïdy Bagayoko, présent au milieu des manifestants. Alors que la rue continue de manifester sa ferme opposition aux choix exécutifs, la suite de ce mouvement social en pleine expansion dépendra de la réaction du gouvernement face à cette convergence inédite entre lycéens et enseignants. Les organisations syndicales et étudiantes maintiennent la pression pour obtenir de véritables ouvertures de négociations.
Les Houthis affirment avoir frappé l'aéroport de Riyad, la Turquie et le Pakistan envoient des troupes en Arabie saoudite
Le conflit au Yémen déborde sur l'Arabie saoudite. Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, affirment avoir frappé le lundi 5 octobre l'aéroport international de Riyad, la capitale saoudienne, ainsi qu'une raffinerie du géant pétrolier Aramco et plusieurs sites dans le sud du royaume. Selon leur porte-parole militaire, Yahya Saree, ces attaques ont été menées avec des drones, des missiles balistiques et des missiles de croisière. Il cite la raffinerie Aramco de Rabigh ainsi que des sites militaires et des aéroports du sud du pays parmi les cibles. Le bilan et l'ampleur exacte des dégâts n'ont pas été établis de source indépendante. De fortes explosions ont été entendues dans la soirée à Riyad par un journaliste de l'AFP et des habitants. L'un d'eux a raconté avoir vu ses fenêtres trembler. Ces frappes surviennent au lendemain de l'annonce par le gouvernement yéménite, soutenu par la coalition menée par l'Arabie saoudite, d'une offensive majeure pour reprendre les territoires tenus par les Houthis. En septembre, les rebelles avaient pris le contrôle de toute la côte ouest du Yémen, sur la mer Rouge. Signe de l'escalade, la Turquie et le Pakistan ont annoncé l'envoi de forces militaires en Arabie saoudite, activant pour la première fois leur pacte de défense mutuelle. Cette extension du conflit fait craindre une déstabilisation régionale durable, avec des conséquences possibles sur les approvisionnements en pétrole et sur la navigation en mer Rouge.
Québec : le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon remporte les élections, la CAQ rayée de la carte
Le Québec change de cap. Le Parti québécois (PQ), formation indépendantiste dirigée par Paul St-Pierre Plamondon, a remporté les élections générales québécoises du lundi 5 octobre, selon les résultats rapportés par Radio-Canada et Le Devoir. Le PQ fait élire 59 députés sur 127, mais reste sous le seuil de la majorité, fixé à 64 sièges. Il formera donc un gouvernement minoritaire, qui devra négocier chaque projet de loi avec l'opposition. Le Parti libéral du Québec obtient 40 sièges, le Parti conservateur du Québec 19 et Québec solidaire 9. Le parti indépendantiste arrive en tête avec 28 % des voix, devant les libéraux (24,2 %) et les conservateurs (20,7 %). C'est la première fois qu'un gouvernement québécois se forme avec moins de 30 % des suffrages. La participation atteint 66,9 %, en légère hausse par rapport à 2022. La soirée est historique pour la Coalition avenir Québec (CAQ), au pouvoir depuis 2018 : elle ne conserve aucun siège, alors qu'elle en détenait 90 il y a quatre ans. Sa cheffe, Christine Fréchette, est battue dans sa circonscription de Trois-Rivières. Âgé de 49 ans, Paul St-Pierre Plamondon devient premier ministre. Dans son discours de victoire, il a promis de représenter « tous les Québécois » et annoncé une mise à jour économique cet automne, axée notamment sur l'itinérance. Il a réaffirmé son projet de référendum sur la souveraineté du Québec, tout en s'étant engagé à attendre le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche. Un calendrier délicat pour un gouvernement minoritaire, dont la durée de vie est souvent limitée.
Canicules, sécheresse, incendies : l'été 2026 a coûté au moins 16 milliards d'euros à la France
L'été 2026 a coûté cher à la France. Selon une mission parlementaire présentée ce lundi 5 octobre par le député LFI Éric Coquerel, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, les canicules, la sécheresse et les incendies de l'été ont coûté au moins 16 milliards d'euros au pays. Ce chiffre est présenté comme une « estimation provisoire ». Il s'appuie sur des sources officielles et sur des auditions de professionnels des secteurs touchés. L'agriculture paie de loin le plus lourd tribut : la mission retient environ 8,7 milliards d'euros de pertes agricoles. S'y ajoutent près de 3 milliards d'euros d'impact sur le produit intérieur brut et au moins 2,5 milliards d'euros de dépenses publiques imprévues, liées notamment à la lutte contre les incendies et à la gestion de crise. Cette évaluation dépasse la fourchette avancée à la mi-août par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui évoquait alors un coût direct et indirect « de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros ». Le député reconnaît toutefois des « réserves méthodologiques » : le chiffrage additionne des coûts de nature différente, avec un risque de double comptage. Ce rapport intervient en pleine préparation du budget 2027 et relance le débat sur le financement de l'adaptation au changement climatique, alors que ces épisodes extrêmes devraient se multiplier dans les prochaines années.

Yémen : le gouvernement lance une offensive majeure contre les Houthis, soutenue par la coalition saoudienne
La guerre au Yémen entre dans une nouvelle phase. Le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale a annoncé le dimanche 4 octobre le lancement d'une offensive militaire de grande ampleur contre les rebelles houthis, soutenus par l'Iran. Dans une allocution télévisée, Rachad al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite, a expliqué que ces opérations visaient à reprendre les territoires encore contrôlés par les Houthis et à rétablir l'autorité de l'État sur l'ensemble du pays. La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite a immédiatement apporté son soutien. Son porte-parole, Turki al-Maliki, a promis un « soutien opérationnel total » aux forces gouvernementales, dans le but affiché de restaurer les institutions de l'État et de mettre fin à ce que la coalition qualifie de « coup d'État houthi ». Le gouvernement affirme avoir déjà mené des centaines de frappes. Cette offensive intervient après une avancée éclair des Houthis le mois dernier le long de la côte de la mer Rouge, au cours de laquelle ils ont pris le contrôle d'un port stratégique, accentuant la pression sur la sécurité du transport maritime international. Le conflit, qui dure depuis plus de dix ans, a provoqué l'une des pires crises humanitaires au monde, avec des millions de personnes dépendantes de l'aide internationale. Cette reprise des combats à grande échelle fait craindre une nouvelle dégradation de la situation humanitaire et des tensions accrues dans la région, notamment pour la navigation en mer Rouge, axe majeur du commerce mondial.

L'euro au plus bas depuis 17 mois, plombé par les inquiétudes sur la dette française
Les difficultés budgétaires de la France pèsent désormais sur la monnaie unique. Ce lundi 5 octobre, l'euro s'échangeait autour de 1,1246 dollar, proche de son plus bas niveau depuis mai 2025, après quatre semaines consécutives de baisse face au billet vert. Selon les analyses de marché, le niveau de la dette publique française et la crainte d'une paralysie politique à l'approche des élections de l'an prochain font partie des principaux facteurs de cette faiblesse. Certains investisseurs redoutent un effet de contagion à l'ensemble de la zone euro. La dette publique française atteint environ 3 636 milliards d'euros, soit près de 120 % du produit intérieur brut. Le déficit public est attendu autour de 5,4 % du PIB en 2026, bien au-delà de la limite de 3 % fixée par les règles européennes. Pour tenter de redresser la barre, le gouvernement a présenté un projet de budget 2027 qui prévoit un effort de 54 milliards d'euros, dont l'adoption au Parlement reste incertaine faute de majorité claire. Le contexte européen n'aide pas : l'annonce d'élections législatives anticipées en Espagne, convoquées par Pedro Sánchez pour le 29 novembre, ajoute à l'incertitude politique sur le continent. De l'autre côté de l'Atlantique, le dollar reste solide, porté par l'évolution des anticipations sur la politique de la Réserve fédérale américaine. Un euro plus faible renchérit les importations, notamment l'énergie, mais favorise les exportations européennes.

Hausse de la TVA sur la télé payante : le patron de Canal+ dénonce une décision « politique et absurde »
Le bras de fer s'intensifie entre Canal+ et le gouvernement. Invité de RTL ce lundi 5 octobre, le président du directoire du groupe, Maxime Saada, a qualifié de « politique et absurde » le projet de supprimer le taux réduit de TVA sur les abonnements de télévision payante dans le budget 2027. Aujourd'hui, les abonnements aux chaînes de télévision diffusées en direct bénéficient d'un taux de TVA réduit à 10 %. Bercy envisage de les aligner sur le taux normal de 20 %, celui déjà appliqué aux plateformes de vidéo à la demande comme Netflix ou Disney+. Pour Canal+, la mesure représenterait une perte estimée à environ 200 millions d'euros par an. Maxime Saada assure que le groupe ne pourra pas absorber un tel choc en France : en cas de doublement de la TVA, il évoque une hausse d'environ 10 % du prix des abonnements. Le cinéma français s'inquiète aussi. Canal+ est le premier financeur des films en France, et l'accord signé cet été avec la filière, qui prévoit 980 millions d'euros d'investissements dans le cinéma entre 2028 et 2032, contient une clause de suspension en cas de hausse de la TVA. Le monde du cinéma, l'audiovisuel et la Ligue nationale de rugby, dont Canal+ diffuse les matchs, réclament le retrait de la mesure, qui n'a pas encore été votée. Le sujet devrait s'inviter dans les débats budgétaires à l'Assemblée nationale cet automne, où le gouvernement cherche de nouvelles recettes pour réduire le déficit.

Présidentielle au Brésil : Flávio Bolsonaro devance Lula et l'affrontera au second tour
Coup de tonnerre au Brésil. Au premier tour de l'élection présidentielle, dimanche 4 octobre, le sénateur conservateur Flávio Bolsonaro est arrivé en tête avec 47,03 % des voix, devant le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva, crédité de 45,16 %, après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins. Aucun candidat n'ayant obtenu la majorité absolue, les deux hommes s'affronteront lors d'un second tour prévu le dimanche 25 octobre. Lula, figure historique de la gauche brésilienne, briguait un quatrième mandat. Fils aîné de l'ancien président Jair Bolsonaro, Flávio Bolsonaro s'était lancé dans la course avec le soutien de son père, qui ne pouvait pas se présenter lui-même. Il s'est dit « très satisfait » de ce résultat et confiant dans sa victoire finale. Côté Lula, le président sortant a reconnu un résultat « inattendu », tout en se disant convaincu de pouvoir l'emporter au second tour. Les sondages le donnaient pourtant favori ces derniers mois. Selon plusieurs analystes, Flávio Bolsonaro part avec l'avantage pour le second tour, grâce aux reports de voix attendus des petits candidats de droite éliminés dès le premier tour. L'enjeu dépasse le Brésil : le scrutin du 25 octobre dira si la première économie d'Amérique latine bascule dans la vague conservatrice qui traverse la région, avec le soutien affiché de Donald Trump.

Samoa : le Premier ministre s'excuse après la diffusion d'une vidéo où il fait un salut nazi
Le Premier ministre des Samoa, La'auli Leuatea Schmidt, a présenté ses excuses ce lundi 5 octobre après la diffusion d'une vidéo inédite le montrant en train de faire un salut nazi et de lancer « Heil Hitler » lors d'une réunion de famille. Les images ont été tournées en juillet 2007, lors d'une réunion de la famille Schmidt sur l'île de Savai'i. À l'époque, l'homme politique était député et vice-président du Parlement de ce petit État du Pacifique. Sur la vidéo, il tient un micro et anime un échange de type « hip hip » avec l'assistance, avant de demander aux personnes présentes de lever la main droite et de prononcer « Heil Hitler ». Dans sa déclaration, le chef du gouvernement a reconnu que ces mots et ce geste étaient inappropriés, quelle qu'ait été l'intention lors de cette réunion, et s'est excusé pour l'offense qu'ils pouvaient causer. Il a affirmé rejeter le nazisme, l'antisémitisme, le racisme et toute forme d'extrémisme politique. L'affaire surprend d'autant plus que La'auli Leuatea Schmidt affiche régulièrement son soutien à Israël. Lors de sa prestation de serment, il portait un châle de prière juif et un shofar, corne utilisée dans les cérémonies juives, avait été sonné. La diffusion de la vidéo intervient dans un contexte politique déjà agité aux Samoa, et pourrait raviver les critiques de l'opposition contre le Premier ministre.

Mouvement lycéen : Sébastien Lecornu lance cinq chantiers et exige des décisions d'ici fin octobre
Face à la mobilisation des lycéens, le Premier ministre change de braquet. Sébastien Lecornu a adressé le 4 octobre à ses ministres une feuille de route en « cinq chantiers », avec une exigence claire : des décisions chiffrées avant la fin du mois. Premier chantier, le remplacement des professeurs absents et les postes non pourvus. Le chef du gouvernement demande que chaque académie mette en place dès cette semaine un traitement prioritaire des absences longues, avec un premier bilan attendu le 16 octobre. Deuxième axe, les conditions matérielles dans les lycées, y compris la préparation des établissements aux fortes chaleurs. L'État invite les régions, responsables des bâtiments, à identifier rapidement les travaux prioritaires. Troisième chantier, les emplois du temps et les journées qui s'étirent de 8 heures à 18 heures. Le gouvernement évoque la possibilité de s'appuyer sur l'intelligence artificielle pour mieux les concevoir dès la prochaine rentrée. Les deux derniers chantiers portent sur la santé et le bien-être des élèves, avec un meilleur accès aux infirmières, psychologues et assistants sociaux dès le retour des vacances de la Toussaint, et sur Parcoursup, avec plus de transparence sur les critères de sélection pour la campagne 2027. Chaque proposition des conseils de vie lycéenne devra aussi recevoir une réponse argumentée. L'opposition reste sceptique : la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, a dénoncé des « gesticulations ». La journée de mobilisation du mardi 6 octobre dira si ces annonces suffisent à apaiser la colère.

Budget 2027 : l'État va récupérer 2,1 milliards d'euros sur l'assurance chômage
Le gouvernement va mettre la main sur l'excédent de l'assurance chômage. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé dans un entretien au quotidien L'Opinion, publié ce lundi 5 octobre, que l'État allait « prélever » 2,1 milliards d'euros sur l'Unédic en 2027. Ce montant correspond à l'excédent que l'organisme gestionnaire de l'assurance chômage prévoit de dégager l'an prochain. Selon le ministre, l'Unédic resterait malgré tout à l'équilibre l'année suivante, et la ponction aurait même pu être plus importante, compte tenu du niveau d'endettement du régime. Cette décision s'inscrit dans la préparation du budget 2027, présenté par le gouvernement dans un contexte de déficit public élevé, où l'exécutif cherche des économies et des recettes dans tous les comptes publics. Elle passe mal auprès des gestionnaires de l'Unédic, piloté par les syndicats et le patronat. Ses dirigeants ont dénoncé dans Le Monde le fait que l'assurance chômage devienne une « variable d'ajustement » des finances publiques. Ils soulignent aussi un risque : avec des perspectives économiques qui se dégradent et un chômage attendu en hausse, les excédents pourraient fondre rapidement, alors que l'État multiplie les signaux d'une volonté de poursuivre ces prélèvements. Le sujet devrait s'inviter dans les débats budgétaires au Parlement cet automne, où les ponctions sur les organismes sociaux sont régulièrement contestées par l'opposition.

Espagne : Pedro Sánchez convoque des législatives anticipées le 29 novembre après l'échec de ses mesures sur le logement
L'Espagne retourne aux urnes plus tôt que prévu. Le chef du gouvernement socialiste, Pedro Sánchez, a annoncé ce lundi 5 octobre, lors d'une allocution télévisée, la convocation d'élections législatives anticipées, fixées au dimanche 29 novembre. Cette décision fait suite au rejet par le Congrès des députés d'un ensemble de décrets censés répondre à la crise du logement. Faute de majorité au Parlement, la coalition de gauche au pouvoir n'a pas réussi à faire adopter ces textes. Les mesures prévues étaient ambitieuses : interdiction des expulsions de locataires vulnérables jusqu'en 2030, prolongation de deux ans du gel des hausses de loyers pour les baux en cours et durcissement des règles encadrant les locations de courte durée, comme celles proposées sur les plateformes touristiques. Ces annonces avaient été faites en réponse à une vague de manifestations dans tout le pays contre la flambée des loyers et le manque de logements abordables. La colère s'était encore amplifiée en septembre après l'expulsion très médiatisée d'une locataire de 87 ans à Madrid. Selon les sondages évoqués par la presse, les mesures proposées bénéficiaient d'un soutien important dans l'opinion, un argument que Pedro Sánchez entend faire valoir pendant la campagne. Au pouvoir depuis 2018, il gouverne avec une majorité fragile qui dépend de plusieurs petits partis. Le scrutin du 29 novembre fera donc du logement le thème central de la campagne, dans un pays où l'accès à un toit est devenu l'une des premières préoccupations des habitants, notamment des jeunes.

Fonction publique : le salaire plancher des agents relevé au 1er janvier 2027
Le gouvernement veut relever le bas de la grille salariale de la fonction publique. Il a proposé le 2 octobre de porter l'indice minimum de traitement de 366 à 372 au 1er janvier 2027. L'objectif affiché est d'éviter que des agents publics soient rémunérés sous le Smic sur leur seul traitement de base. Selon les éléments présentés, cette hausse permettrait à environ 400 000 agents de percevoir un traitement indiciaire supérieur au salaire minimum. Jusqu'ici, ces agents étaient remis à niveau grâce à une indemnité différentielle, versée en complément pour atteindre le Smic. Le relèvement de l'indice remplace ce complément par du traitement indiciaire : la mesure ne se traduit donc pas forcément par une hausse de la fiche de paie mensuelle pour les intéressés. L'effet le plus concret porte sur la retraite. Le traitement indiciaire sert de base au calcul des pensions des fonctionnaires, contrairement à l'indemnité différentielle : les agents concernés devraient donc améliorer leurs droits futurs. Le gouvernement a aussi évoqué l'attribution de points d'indice supplémentaires sur les premiers échelons, pour redonner un sens à l'avancement et à l'ancienneté, souvent écrasés par les revalorisations successives du Smic. Cette annonce intervient dans un climat tendu avec les syndicats de fonctionnaires, mécontents d'un nouveau gel du point d'indice, qui sert à calculer l'ensemble des traitements de la fonction publique.

Lycées bloqués : le texte « casseurs-payeurs » arrive au Sénat le 27 octobre
En pleine mobilisation lycéenne, le gouvernement accélère sur un texte qu'il présente comme une réponse aux dégradations. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a annoncé ce lundi 5 octobre que le projet de loi dit « casseurs-payeurs » sera examiné en première lecture au Sénat à partir du 27 octobre. L'annonce intervient alors que plusieurs centaines de lycées sont perturbés par des blocages depuis plus d'une semaine, avec des incidents et des violences signalés en marge de certains rassemblements. Le gouvernement a engagé la procédure accélérée, qui limite l'examen du texte à une seule lecture dans chaque chambre avant une éventuelle commission mixte paritaire. Selon la porte-parole, le texte instaure « une forme de responsabilité collective » : il permettrait de faire payer les dégâts à toute personne appartenant à un groupe ayant commis des dégradations, même si elle n'en est pas l'auteur direct. D'après les éléments rapportés par la presse, le projet prévoit aussi la possibilité de saisir certaines prestations sociales pour garantir le paiement des amendes ou des réparations, y compris des aides au logement. Ce point devrait concentrer une partie des débats au Parlement. La séquence politique est tendue. Maud Bregeon a accusé La France insoumise d'avoir une responsabilité « politique et morale » dans les débordements, tandis que la présidente du groupe LFI à l'Assemblée, Mathilde Panot, reproche au gouvernement de n'apporter qu'une réponse policière à la colère des lycéens. Ce texte ne change rien à la journée de mobilisation prévue ce mardi 6 octobre, mais il annonce un débat parlementaire sensible, entre volonté de sanctionner les dégradations et critiques sur une logique de sanction collective.

Budget : Philippe Juvin veut rendre inéligibles les élus qui votent un déficit
Le rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, Philippe Juvin, propose une mesure inédite pour forcer le retour à l'équilibre des comptes publics : rendre inéligibles les parlementaires qui voteraient un budget en déficit à partir de 2031 ou 2032. Le député de la Droite républicaine a présenté cette idée le dimanche 4 octobre au micro d'Europe 1. Selon lui, tout député ou sénateur appartenant à une assemblée qui adopte un budget déficitaire, une fois ce délai passé, ne pourrait pas se représenter à l'élection suivante. L'élu justifie cette sanction par la nécessité de s'imposer une contrainte forte, estimant que sans elle la France ne parviendra jamais à présenter des comptes à l'équilibre. Le délai jusqu'en 2031-2032 serait, d'après lui, raisonnable pour engager la trajectoire et compréhensible pour les créanciers du pays. Sa proposition se distingue de la « règle d'or » défendue par plusieurs candidats à la présidentielle de 2027, qui consisterait à inscrire dans la Constitution un plafond de déficit annuel à respecter par le gouvernement. Philippe Juvin veut, lui, une règle qui s'applique directement aux assemblées et à ceux qui votent le budget. Une telle mesure supposerait une révision de la Constitution, qui exige l'accord des deux chambres puis un vote du Congrès ou un référendum. Une proposition de loi constitutionnelle visant à instaurer une règle d'or budgétaire avait déjà été déposée à l'Assemblée en février 2025, sans aboutir. L'annonce intervient alors que le gouvernement vient de présenter ses projets de budget 2027 pour l'État et la Sécurité sociale, dans un contexte de déficit et de dette élevés qui promet des débats tendus au Parlement cet automne.

Statue de la Vierge dégradée à Porto-Vecchio : les deux suspects seront jugés le 16 novembre
La destruction d'une statue de la Vierge Marie à Porto-Vecchio continue de susciter une vive émotion en Corse. Les faits se sont produits dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, sur le rond-point du Stabiacciu, à l'entrée de la ville du sud de l'île. Selon les éléments rapportés par la presse et le parquet, la statue a été entièrement détruite et la scène a été filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux. Sur la vidéo, l'un des deux hommes est accusé d'avoir mimé un acte sexuel sur la statue pendant que l'autre filmait. Deux suspects, des saisonniers de 21 et 24 ans qui travaillaient dans l'hôtellerie-restauration, ont rapidement été identifiés grâce à cette vidéo. L'un d'eux est présenté comme un influenceur originaire de Toulouse. Ils sont poursuivis pour dégradations graves commises en réunion et pour exhibition sexuelle, des faits pour lesquels ils restent présumés innocents jusqu'à leur jugement. Le 2 octobre, le parquet d'Ajaccio a indiqué que les deux hommes avaient été placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction de paraître en Corse et obligation de pointer dans leur département d'origine. Ils sont convoqués devant le tribunal correctionnel le 16 novembre 2026. Les dégradations graves en réunion sont punies jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. L'affaire a provoqué une forte colère sur l'île, avec des rassemblements devant la gendarmerie. Plusieurs médias rapportent que les deux suspects ont été refoulés d'un vol à l'aéroport d'Ajaccio et refusés dans un hôtel, avant de pouvoir finalement quitter la Corse. Au-delà du geste, beaucoup de Corses y voient une atteinte à un symbole religieux et culturel fort de l'île. Le procès de novembre devra établir les responsabilités de chacun ; d'ici là, la question de la remise en place d'une nouvelle statue sur le rond-point est déjà évoquée localement.

Lycées bloqués partout en France : la mobilisation monte d'un cran ce mardi 6 octobre
Après plus d'une semaine de blocages, le mouvement lycéen ne faiblit pas. Les organisations de jeunes appellent à un nouveau temps fort ce mardi 6 octobre, avec manifestations dans plusieurs villes et, pour la première fois, le renfort annoncé de syndicats d'enseignants et de salariés. Le mouvement est parti d'un ras-le-bol accumulé : classes surchargées, bâtiments dégradés, professeurs absents et non remplacés. Selon les représentants du secteur, ces alertes sur le manque de moyens et de personnels — enseignants, infirmières, assistants sociaux — remontent à une dizaine d'années. L'ampleur est inédite depuis plusieurs années. Le 2 octobre, environ 735 établissements étaient encore perturbés d'après les chiffres relayés par la presse spécialisée, un niveau en légère baisse par rapport à la veille mais qui reste très élevé. Pour ce début de semaine, des centaines d'établissements ont choisi de suspendre les cours ou de fermer préventivement : une dizaine de lycées en Gironde, 17 dans l'académie de Toulouse, et des fermetures signalées en Loire-Atlantique, en Normandie ou en Maine-et-Loire. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a reçu le 2 octobre des représentants des élèves, des enseignants et des parents. Il a reconnu un problème de « démocratie scolaire », annoncé une plateforme de concertation sur trois semaines, un plan pour mieux remplacer les professeurs absents en priorité dans les classes à examen, et la possibilité de cours à distance quand un établissement doit fermer pour raisons de sécurité. Ces annonces n'ont pas convaincu les organisations lycéennes, qui estiment ne pas avoir obtenu de « mesures concrètes » et appellent à poursuivre les blocages. Côté adultes, l'intersyndicale de l'éducation, dont le SNES, appelle les personnels à rejoindre le mouvement mardi, y compris par la grève, et des confédérations comme la CGT et Solidaires ont annoncé leur participation. Le climat reste tendu : 65 personnels de l'Éducation nationale ont été blessés en marge de certains blocages, dont une quarantaine de chefs d'établissement. Les représentants lycéens se sont publiquement désolidarisés des violences. La journée de mardi, notamment la manifestation parisienne, dira si le mouvement s'installe dans la durée ou si le dialogue ouvert par le ministère prend le relais.

Budget 2027 : Lecornu annonce un effort de 54 milliards d'euros
Dans un entretien accordé au Figaro le 17 septembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a détaillé l'ampleur de l'effort budgétaire qu'il prépare pour 2027 : environ 54 milliards d'euros d'économies et de recettes nouvelles. L'objectif affiché est d'éviter que le déficit public ne franchisse la barre des 6,5 % du PIB, un seuil que le gouvernement veut à tout prix ne pas dépasser dans un contexte de dette déjà sous tension. Le Premier ministre justifie cet effort par plusieurs facteurs qui s'additionnent : la charge de la dette, qui « pèse de plus en plus lourd sur l'équation budgétaire », la hausse structurelle des dépenses de fonctionnement des collectivités locales, et surtout la dynamique des comptes sociaux. Sur ce dernier point, Lecornu évoque une hausse de 22 milliards d'euros des dépenses de Sécurité sociale si aucune mesure correctrice n'est prise, conséquence directe du vieillissement de la population : « Le vieillissement de la population impacte les comptes sociaux », a-t-il résumé. Le chef du gouvernement présente ces 54 milliards comme un « redressement important », dont les économies doivent servir à « refroidir » un rythme de dépenses jugé intenable. Une piste évoquée dans ce cadre est une possible désindexation des pensions de retraite les plus élevées, une mesure qui ne manquera pas d'alimenter les débats à venir. Ce budget 2027 devra être examiné par le Parlement à partir du 12 octobre. La France insoumise a d'ores et déjà fait savoir qu'elle comptait déposer une motion de censure contre le texte, ce qui promet un automne budgétaire tendu, dans la continuité des précédents exercices marqués par l'instabilité parlementaire. Le gouvernement affirme par ailleurs maintenir certaines priorités budgétaires malgré la cure d'austérité générale, avec notamment 1,5 milliard d'euros fléchés vers la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et 2,6 milliards vers la protection de l'enfance — des enveloppes présentées comme sanctuarisées dans les arbitrages à venir.

Budget européen : Benjamin Haddad dément tout « rabais » pour la France
Le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, a démenti le 17 septembre toute volonté de la France de demander une réduction de sa contribution au budget européen. « Ce n'est pas un rabais », a-t-il tranché, en réponse aux informations selon lesquelles Matignon aurait porté une demande de baisse auprès de Bruxelles. Haddad explique la confusion par un mécanisme purement comptable : l'Union européenne a mis en place une nouvelle taxe numérique visant les grandes plateformes, dont Google, censée rapporter environ 4,6 milliards d'euros de recettes propres. Comme le budget européen repose à environ 90 % sur les contributions nationales des États membres, toute nouvelle ressource propre entraîne mécaniquement une baisse de la part versée par chacun — dont la France — sans qu'il s'agisse pour autant d'une remise en cause politique du niveau de la contribution française. Le ministre s'est entretenu la semaine précédente à Bruxelles avec le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin, dans le cadre des discussions sur le prochain cadre financier pluriannuel de l'Union, qui couvrira la période 2028-2034. Il y défend une ligne constante de la diplomatie française : le développement de nouvelles « ressources propres » pour l'UE, telles qu'une taxe carbone aux frontières, une taxation des petits colis importés ou une fiscalité sur les services numériques, plutôt qu'une hausse des contributions nationales. Le sujet reste sensible sur le plan intérieur. Une réduction de 5 milliards d'euros avait déjà été évoquée par le passé par l'ancien ministre Bruno Le Maire, et le Rassemblement national milite depuis plusieurs années pour une baisse structurelle de la contribution française au budget de Bruxelles — une demande que le gouvernement continue officiellement d'écarter. Haddad a également rappelé un argument régulièrement mis en avant par Paris dans ces négociations : la France reste la première bénéficiaire nette du budget européen via la politique agricole commune (PAC), ce qui nuance, selon lui, le débat sur le seul niveau de la contribution versée par le pays.

Ingérence : la Suède alerte sur des bots russes visant les élections françaises
La Suède alerte la France et l'Allemagne : des bots liés à la Russie viseraient leurs prochaines élections pour semer la confusion, selon plusieurs médias. Le sujet relance le débat sur la protection des scrutins face aux ingérences numériques.

Le maire de Paris auditionné au Sénat sur les violences sexuelles dans le périscolaire
Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a été entendu le 16 septembre par la commission d'enquête sénatoriale sur les violences sexuelles dans le périscolaire parisien. Visé personnellement par des plaintes pénales pour « mise en danger délibérée de la vie d'autrui » et « non-dénonciation d'agression », l'élu socialiste a présenté ses « plus profonds regrets » tout en rejetant fermement toute idée de dissimulation organisée : « On ne couvre pas de pédophiles à la ville de Paris », a-t-il déclaré devant les sénateurs. Les chiffres qu'il a présentés donnent la mesure du scandale : entre novembre 2025 et fin août 2026, 235 enquêtes ont été ouvertes pour violences sur mineurs dans le périscolaire parisien, 195 agents ont été suspendus dont 74 pour violences sexuelles, et 101 signalements ont été transmis à la justice au titre de l'article 40 du code de procédure pénale. Grégoire attribue cette « explosion » des chiffres à une « libération de la parole » plutôt qu'à une hausse réelle des faits. Le maire a dû reconnaître une faille administrative embarrassante : un agent mis en cause, pourtant visé par un classement sans suite, avait été réaffecté dans une autre circonscription sans être fiché. « C'est illégal », a-t-il admis, expliquant cette pratique par l'absence de cadre légal permettant de conserver une trace administrative après un classement sans suite. Depuis décembre 2025, la mairie enregistre malgré tout ces dossiers, au risque de s'exposer à des recours contentieux. Grégoire a insisté sur les limites du droit national qui, selon lui, entravent l'action des municipalités : absence de fichier centralisé des signalements, partage insuffisant d'informations avec le parquet, obligation légale de réintégrer un agent en l'absence de preuve matérielle. Il plaide pour des « modifications législatives et réglementaires urgentes », dont la création d'un diplôme d'État d'animateur et un allongement à quatre mois, renouvelable une fois, des suspensions administratives. Sur le plan des mesures concrètes, il a détaillé deux plans d'action lancés en avril et juillet 2026 : vérification systématique via le fichier FIJAIS depuis juillet, généralisation du BAFA à l'ensemble des animateurs, port de badges obligatoire, contractualisation de 2 000 vacataires sur trois ans et création de 35 postes d'éducateurs de jeunes enfants. Le maire a par ailleurs concédé un « manque de transparence » passé de la ville, reconnaissant que les réunions publiques d'information ne se tenaient « pas systématiquement » et que la remontée d'informations en interne « n'a pas toujours fonctionné ». Il a conclu son audition sur un avertissement : « Ce qui se passe à Paris est une avant-garde de ce qui se passera ailleurs. Les signalements vont exploser partout. »

Élections sénatoriales le 27 septembre, le RN vise un premier groupe au Sénat
La moitié du Sénat, soit 178 sièges sur 348, sera renouvelée le 27 septembre. Portée par ses succès aux dernières municipales, le Rassemblement national espère y décrocher un événement inédit sous la Ve République : la formation de son tout premier groupe parlementaire au Palais du Luxembourg. Le parti ne compte aujourd'hui que trois sénateurs, élus en 2023 dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Seine-et-Marne, qui siègent comme non-inscrits, loin du seuil de dix élus nécessaire pour constituer un groupe. Le RN vise en particulier le Var, les Bouches-du-Rhône et surtout les Alpes-Maritimes pour combler cet écart lors du scrutin de septembre. Cette perspective a conduit le Sénat à s'organiser en coulisses pour l'arrivée possible de cette nouvelle force politique — jusqu'à devoir, selon l'expression employée en interne, « pousser les murs » pour l'accueillir dans l'hémicycle et lui attribuer des locaux, une première dans l'histoire de la chambre haute. Au-delà du RN, le scrutin ne devrait pas bouleverser les grands équilibres du Sénat : la majorité de droite et du centre conduite par le président Gérard Larcher devrait se maintenir, tandis que le groupe centriste pourrait voir son poids renforcé. Les Républicains, en revanche, anticipent un recul, et la gauche cherche avant tout à limiter la casse dans un contexte électoral plus favorable à la droite et à l'extrême droite. L'entrée du RN au Sénat, si elle se confirme, marquerait une étape supplémentaire dans l'implantation du parti dans les institutions françaises, après ses percées à l'Assemblée nationale et dans de nombreuses mairies lors des scrutins précédents.
Budget 2027 : Bruno Retailleau réclame le retour de la réforme des retraites
Le président des Républicains et candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a exigé, le 16 septembre, que le gouvernement remette sur la table la réforme des retraites suspendue en 2025, en préalable à tout accord sur le budget 2027. « Un quart de la dépense publique, ce sont les retraites », a-t-il lancé, avant d'ajouter : « On veut taper les retraités tout en s'exonérant de la moindre responsabilité ? » La suspension de la réforme, votée en 2025, résultait d'un compromis politique entre le gouvernement de Sébastien Lecornu et les socialistes, destiné à éviter une motion de censure. Depuis son entrée en vigueur le 1er septembre 2023, l'âge légal de départ progressait de trois mois par an vers un objectif de 64 ans en 2030 — une trajectoire aujourd'hui gelée. Retailleau conditionne tout soutien de son camp au budget 2027 à la remise en route de cette trajectoire : « Il est hors de question de voter un appauvrissement des retraités si le gouvernement n'est pas à l'heure et au rendez-vous de sa propre responsabilité », a-t-il averti, visant directement l'exécutif à l'approche des arbitrages budgétaires. Le sujet est d'autant plus sensible que le gouvernement cherche environ 30 milliards d'euros d'économies pour 2027, dont 6 milliards pesant spécifiquement sur les retraités, via trois pistes à l'étude : la désindexation des pensions les plus élevées, la suppression de l'abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités, ou une hausse de la CSG. Le dossier révèle des lignes de fracture jusque dans le propre camp de Retailleau : la majorité sénatoriale LR avait rejeté la suspension de la réforme en 2025, mais les députés du parti s'étaient, eux, divisés lors du vote — 25 contre, 8 pour et 9 abstentions. Le sénateur centriste Olivier Henno a de son côté mis en garde contre le risque de réintégrer ce sujet clivant dans les négociations budgétaires, estimant que cela pourrait compliquer davantage l'adoption du texte.

La Finlande devient le dixième pays à rejoindre la dissuasion nucléaire élargie française
La Finlande a officialisé, le 14 septembre lors d'un sommet européen sur l'Arctique, son adhésion à l'initiative française de « dissuasion nucléaire élargie », devenant le dixième pays européen à rejoindre ce dispositif porté par Paris. Le programme permet aux États participants d'accueillir temporairement sur leur sol des appareils français capables d'emporter l'arme nucléaire, tout en laissant à la France l'entier contrôle de son arsenal. Le président finlandais Alexander Stubb a précisé les contours de cet engagement, insistant sur le fait que « la priorité finlandaise reste d'agir dans les cadres de l'OTAN et de l'Union européenne » et assurant qu'aucune arme nucléaire ne serait stationnée en temps de paix sur le territoire finlandais. La Finlande, qui partage plus de 1 300 kilomètres de frontière avec la Russie, voit dans cette coopération un outil de « signal stratégique » et de gestion de l'escalade en dessous du seuil nucléaire. L'Estonie, elle, n'a pas encore franchi le pas mais se dit ouverte à la discussion. Sa première ministre Kristen Michal a indiqué que Tallinn était « en discussion » avec Paris sur le sujet, ajoutant : « Si la coopération nucléaire peut s'approfondir, elle le fera probablement. » La France maintient par ailleurs environ 300 militaires en Estonie dans le cadre de la présence avancée renforcée de l'OTAN dans les pays baltes, déployée depuis mars 2017. Avant la Finlande, neuf pays avaient déjà rejoint cette initiative française : le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Pologne, la Suède, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, le Danemark et, plus récemment, la Norvège, entrée dans le dispositif en mai 2026. Cette adhésion finlandaise confirme l'élargissement progressif, depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, d'un cercle de pays européens cherchant à diversifier leurs garanties de sécurité au-delà du seul parapluie nucléaire américain.

Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans : Paris soumet un nouveau texte à Bruxelles
Le gouvernement français a transmis le lundi 14 septembre une version révisée de son projet d'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans à la Commission européenne, environ un mois après la censure d'une première mouture par le Conseil constitutionnel en août. Les Sages avaient alors jugé que le texte initial constituait « une atteinte disproportionnée » à la liberté d'expression des jeunes. Ils avaient toutefois pris soin de reconnaître, dans la même décision, « l'exigence constitutionnelle de protection de l'intérêt supérieur de l'enfant » — une formulation qui laissait ouverte la voie à une nouvelle version du texte, mieux calibrée sur le plan juridique. Sur le réseau X, le président Emmanuel Macron a affirmé que son gouvernement « ira au bout » de cette initiative, martelant : « Ne rien lâcher » sur la protection des enfants en ligne. Il a confié au Premier ministre Sébastien Lecornu la mission de « trouver une voie de passage » qui concilie les exigences du Conseil constitutionnel et celles du droit européen — Macron ambitionnant de voir l'interdiction opérationnelle avant la fin de son mandat, au printemps. La notification à Bruxelles constitue une étape obligatoire pour garantir la conformité du futur texte au droit de l'Union avant son adoption définitive. Macron a par ailleurs indiqué vouloir aller plus loin qu'un simple texte national, en cherchant à « harmoniser cette interdiction au niveau de l'Union et encadrer les fonctionnalités des plateformes » destinées aux plus jeunes utilisateurs. Cette bataille juridique et politique illustre la difficulté, pour l'exécutif français, à faire aboutir une mesure présentée comme prioritaire pour la fin du quinquennat, mais qui se heurte à la fois aux exigences constitutionnelles françaises et aux contraintes du marché unique numérique européen.

61% des nappes phréatiques françaises sous les normales après un été record
Le dernier bilan du BRGM, arrêté au 1er septembre, confirme une situation dégradée des nappes phréatiques françaises : 61 % des points de suivi affichent des niveaux inférieurs aux normales mensuelles, contre 44 % un an plus tôt à la même date. L'organisme public pointe des précipitations efficaces insuffisantes en août et une demande en eau restée soutenue tout au long du mois. Le drainage des aquifères s'est poursuivi sans relâche : 90 % des points de suivi enregistrent une baisse de niveau, 8 % restent stables et seulement 2 % affichent une remontée. Cette intensité de vidange dépasse celle observée en août 2025, signe d'une dégradation qui continue de s'aggraver d'une année sur l'autre. Les situations varient fortement selon les régions. Les aquifères du Limousin, les calcaires du Jura et la plaine d'Alsace du Nord affichent des niveaux très bas, tandis que les formations de la Vistrenque conservent encore des réserves satisfaisantes. À l'inverse, les nappes à recharge rapide, comme les calcaires karstiques du Quercy, se stabilisent grâce à des précipitations orageuses ponctuelles — sans toutefois compenser le déficit accumulé depuis le printemps. Le BRGM identifie plusieurs causes cumulatives : l'absence de précipitations efficaces depuis le mois de mai, des températures élevées persistantes depuis juin qui favorisent l'évapotranspiration, et des prélèvements soutenus pour l'irrigation agricole comme pour l'alimentation en eau potable. « La demande d'eau reste importante pour la végétation et les activités humaines », souligne l'organisme dans son bulletin. Les perspectives pour l'automne restent incertaines : Météo-France prévoit une probabilité de températures supérieures aux normales, un scénario défavorable à la recharge des nappes, et seule la façade atlantique devrait bénéficier de précipitations excédentaires. Le BRGM prévient que « les niveaux piézométriques seront inévitablement plus bas que ceux observés en 2025 », avec une vigilance particulière requise pour les aquifères sensibles aux sécheresses prolongées comme ceux du Limousin. Comparée à la crise de 2022, la situation actuelle apparaît globalement moins sévère dans la plupart des régions, à l'exception du Massif central, du Jura et des Vosges. Elle reste en revanche nettement plus dégradée qu'en 2023, qu'en 2024 — année exceptionnelle marquée par un été humide — et qu'en 2025. Le ralentissement des prélèvements agricoles après la fin de la saison d'irrigation devrait toutefois soulager en partie la pression sur les réserves dans les prochaines semaines.

Carburants proches de 3 euros le litre : la tension sociale remonte à huit mois de la présidentielle
Une cinquantaine de bateaux de pêche ont bloqué le terminal pétrolier de Fos-sur-Mer dès 3 heures du matin le 15 septembre, réclamant une rencontre avec la ministre de la Mer et de la Pêche. Le lendemain, des pêcheurs catalans ont lancé à leur tour des barrages à Port-Vendres, tandis que des gérants de stations-service indépendants corses protestaient séparément contre le plafond de prix imposé par TotalEnergies depuis le 12 mars — 1,99 euro le litre de sans-plomb et 2,25 euros pour le gazole. Les chiffres expliquent la colère : le gazole a atteint 2,333 euros le litre le 15 septembre, contre 1,477 euro en septembre 2018, soit une hausse de 53 % en huit ans. Un plein de 50 litres coûtait environ 73 euros lors du mouvement des Gilets jaunes en 2018 ; il en coûte aujourd'hui environ 112. Le SP95-E10 s'établissait de son côté à 2,143 euros le litre. Cette flambée trouve son origine dans une série d'événements géopolitiques en cascade. Le baril de Brent a dépassé les 100 dollars le 9 septembre après la destruction de cinq pétroliers iraniens par les forces américaines et des représailles iraniennes par tirs de missiles sur la Jordanie. Le 11 septembre, les rebelles houthis ont pris le contrôle de la côte yéménite sur la mer Rouge, faisant planer une menace sur le détroit de Bab-el-Mandeb — des développements qui ont poussé le baril au-delà de 108 dollars. Face à la contestation, Matignon a prolongé jusqu'au 31 octobre des aides ciblées : 70 millions d'euros mensuels pour soutenir agriculteurs, pêcheurs et secteur du BTP, avec des remises de 15 à 25 centimes par litre — le transport routier restant délibérément exclu du dispositif. Plus de 1,5 million de Français éligibles à l'indemnité carburant de 100 euros ne l'avaient toujours pas réclamée à la mi-septembre. Sur le plan politique, le candidat communiste Fabien Roussel a menacé de mobiliser les citoyens « comme en 2018 » si le gouvernement n'agissait pas, tandis que le porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu a lancé « tenez bon, encore huit mois », reliant ouvertement la crise au calendrier présidentiel. La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a réclamé des hausses de salaires et un encadrement des prix, quand François Hollande appelait à une aide ciblée vers les ménages les plus vulnérables. Des vidéos anonymes circulant sur TikTok appellent à manifester le 17 octobre, sans soutien syndical ou politique affiché — certaines semblant générées par intelligence artificielle, ce qui complique l'évaluation de la part de colère réellement spontanée dans ce mouvement naissant.

Scandale du périscolaire à Paris : première peine de prison ferme prononcée
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, le 15 septembre, un animateur périscolaire de 38 ans, Michaël M., à cinq ans de prison dont une partie sous bracelet électronique, pour des agressions sexuelles sur neuf enfants de l'école élémentaire Vigée-Lebrun, dans le 15e arrondissement. Il s'agit de la première peine de prison ferme prononcée dans ce scandale qui secoue le périscolaire parisien depuis le début de l'année. Les faits, commis entre septembre 2022 et janvier 2024, concernaient des enfants âgés de cinq à dix ans, qui ont rapporté des attouchements sur les fesses et les parties génitales pendant les récréations et les sorties scolaires. Ils se sont étalés sur environ seize mois avant d'être signalés, le 12 janvier 2024, lorsqu'une mère a révélé les propos de sa fille de six ans. Le président du tribunal, Thierry Donard, a souligné que la décision s'appuyait sur des « déclarations précises et circonstanciées » des enfants, des témoignages de collègues évoquant des « gestes déplacés », ainsi que sur les propres aveux de l'accusé. Les juges ont écarté sa défense d'une absence de conscience de son attirance pour les mineurs, les enquêteurs ayant découvert sa participation à des discussions sur des forums pédophiles. Il devra se soumettre à un suivi judiciaire de dix ans, à une obligation de soins, et se voit interdire à vie de travailler auprès de mineurs ou dans la fonction publique. Lors de l'audience du 31 août, le visage masqué, l'animateur avait déclaré : « Je suis profondément désolé de tout ce que j'ai fait, je demande pardon à toutes les victimes et à leurs familles. Je regrette profondément tout ce qui s'est passé », tout en évoquant des trous de mémoire sur certains faits précis. Cette condamnation est la deuxième prononcée dans ce scandale : un autre animateur avait été condamné le 10 juillet à dix-huit mois de prison avec sursis, tandis que deux autres ont été relaxés, ce qui a provoqué l'appel du parquet et la colère de plusieurs familles. Depuis début 2026, la Ville de Paris a suspendu 132 animateurs, dont 52 soupçonnés de violences sexuelles. Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a engagé, dans ce contexte, un plan de prévention des violences doté de 20 millions d'euros. Des associations ont réagi avec déception : la porte-parole de MeTooEcole, Barka Zerouali, a estimé que « quand les faits sont reconnus, les peines doivent être à la hauteur », tandis que l'association SOS Périscolaire a jugé la peine « insuffisante », regrettant l'absence d'incarcération immédiate malgré la condamnation.

Le procès pour corruption de Rachida Dati et Carlos Ghosn s'ouvre à Paris
Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux puis ministre de la Culture, comparaît depuis le 16 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour corruption passive et trafic d'influence passif. L'affaire porte sur 900 000 euros d'honoraires d'avocate que Renault-Nissan lui a versés entre 2010 et 2012, alors qu'elle exerçait son premier mandat de députée européenne. Les procureurs mettent en doute la réalité du travail juridique fourni, évoquant de « rares documents remis ou découverts » au cours de l'enquête. Carlos Ghosn, l'ancien PDG de Renault-Nissan, est jugé dans le même dossier pour corruption active, trafic d'influence actif, abus de pouvoir et abus de confiance. En fuite au Liban depuis fin 2019, il a demandé le report du procès en invoquant des vices de procédure sur ses délais de convocation, ainsi qu'une audition par visioconférence. Le tribunal a rejeté sa demande, permettant l'ouverture du procès en son absence. Le scénario retenu par l'accusation repose sur un échange présumé entre les deux prévenus : Dati aurait mené un travail de lobbying auprès du Parlement européen en faveur du constructeur automobile, en contrepartie des rémunérations versées par Renault-Nissan. Son avocat, Olivier Pardo, a reconnu que l'absence de Ghosn serait « dommageable » car elle empêche d'éclaircir la nature exacte de leur relation professionnelle, tout en s'opposant à un renvoi : « il est temps pour elle de s'expliquer », a-t-il déclaré. La présidente du tribunal, Claire Saas, avait le choix entre trois options — maintenir le procès avec un jugement par défaut pour Ghosn, le reporter, ou disjoindre les deux dossiers — et a choisi de le maintenir tel que prévu. L'audience doit se dérouler sur six après-midi, jusqu'au 28 septembre. Rachida Dati encourt jusqu'à dix ans de prison et 450 000 euros d'amende, soit la moitié des honoraires perçus. L'équipe de défense de Dati, composée d'Olivier Pardo, Olivier Baratelli et Antoine Beauquier, entend démontrer que le travail juridique facturé a bien été effectué, face au scepticisme du parquet sur l'insuffisance de la documentation produite. Le Parquet national financier comme les parties civiles se sont opposés à toute disjonction des dossiers, souhaitant que les deux prévenus soient jugés ensemble malgré l'absence de Ghosn à l'audience.

Marine Le Pen fait sa rentrée à Hénin-Beaumont autour de la « priorité nationale »
Marine Le Pen a fait sa rentrée politique le 13 septembre à Hénin-Beaumont, son fief du Pas-de-Calais, pour un discours présenté comme le coup d'envoi de sa campagne pour la présidentielle de 2027. « Cette élection présidentielle va tout décider », a-t-elle lancé, plaçant la « priorité nationale » — réserver certains droits et prestations aux seuls citoyens français — au cœur de son projet. Ce retour intervient après deux semaines agitées pour le Rassemblement national : l'échec d'une proposition de référendum sur l'interdiction du voile dans l'espace public, et le limogeage du chef de la police de Carcassonne pour des propos racistes, homophobes et sexistes. Des tensions avaient également été évoquées entre Marine Le Pen et le président du parti Jordan Bardella, présent à ses côtés lors du discours mais resté silencieux. Sur le logement, Le Pen a proposé de démanteler la loi SRU de 1999, qui impose aux communes un quota de logements sociaux, de vendre une partie du parc social aux résidents français et d'expulser les « familles délinquantes » des logements sociaux. Elle a aussi promis de réserver l'aide personnalisée au logement (APL) aux seuls Français et de donner la priorité aux nationaux dans l'attribution des logements sociaux. En matière d'environnement, la candidate veut supprimer le diagnostic de performance énergétique (DPE), qu'elle qualifie de « norme absurde », mettre fin à l'objectif « zéro artificialisation nette » (ZAN) et remplacer l'aide à la rénovation MaPrimeRénov' par un dispositif de prêt à taux zéro baptisé « 100 % rénov' », tout en proposant de céder du foncier public gratuitement aux promoteurs en échange de la construction de logements abordables. Sur le plan interne, le maire d'Hénin-Beaumont et proche de Le Pen, Steve Briois, a minimisé les spéculations sur des frictions avec Bardella, assurant que celui-ci sait que « l'intérêt suprême est celui de la nation ». Le discours visait autant à afficher une candidate prête à gouverner qu'à ressouder le parti avant l'entrée officielle en campagne.

Éric Ciotti réclame le rapatriement des cendres de Napoléon III depuis le Royaume-Uni
Le président de l'UDR Éric Ciotti, avec le député Maxime Michelet, a demandé le 14 septembre dans une tribune publiée par Le Figaro que l'État français engage les démarches nécessaires au rapatriement des cendres de Napoléon III, aujourd'hui conservées au Royaume-Uni. Les deux élus souhaitent y associer également les restes de l'impératrice Eugénie et de leur fils, le prince impérial Louis-Napoléon, pour constituer une « sépulture nationale » réunissant la famille impériale sur le sol français. Napoléon III est mort en exil le 9 janvier 1873 à Chislehurst, dans le sud-est de Londres, après sa défaite face à la Prusse et la chute du Second Empire en 1870. Sa dépouille a été transférée en 1888 à l'abbaye Saint-Michel de Farnborough, dans le Hampshire, où reposent également l'impératrice Eugénie, décédée en 1920, et le prince impérial, tué en Afrique du Sud en 1879. Dans leur tribune, Ciotti et Michelet estiment que ce retour « pourrait ouvrir ce chemin de réconciliation de la France avec la grandeur de son passé ». L'initiative n'est pas totalement nouvelle : l'idée d'un rapatriement avait déjà été portée par le passé, sans succès, par des personnalités aussi diverses que Philippe Séguin, Christian Estrosi ou Marine Le Pen, qui en avait fait une promesse de campagne dès 2017. Le sujet a également trouvé un écho outre-Manche : le dirigeant britannique de Reform UK, Nigel Farage, a fait savoir début septembre qu'il n'y voyait pas d'obstacle de son côté, déclarant à propos d'un éventuel retour des cendres : « S'ils le veulent, je pense qu'ils peuvent l'avoir. » À ce stade, aucune démarche officielle n'a été engagée par le gouvernement français, et la proposition de Ciotti reste, pour l'heure, une initiative politique sans suite institutionnelle annoncée.

Affaire Lyhanna : la plainte contre Gérald Darmanin classée sans suite
La commission des requêtes de la Cour de justice de la République a classé sans suite, le 8 septembre, la plainte déposée contre le garde des Sceaux Gérald Darmanin pour « mise en danger délibérée de la vie d'autrui » et « non-assistance à personne en danger ». La plainte avait été déposée par la mère de Rosa, une mineure, et reçue le 1er juillet. L'affaire trouve son origine dans la mort de Lyhanna, une adolescente de onze ans retrouvée morte le 4 juin dans le Gers. Jérôme Barella, suspecté du viol et du meurtre de la jeune fille, faisait déjà l'objet d'une plainte antérieure déposée en août 2025 par la mère de Rosa, qui l'accusait d'une cinquantaine de viols sur sa propre fille. Dans sa plainte contre le ministre, la mère de Rosa reprochait à Darmanin de ne pas avoir « mis l'institution judiciaire en mesure d'assurer un traitement efficace » des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs — estimant qu'un traitement plus rigoureux de son signalement initial contre Barella aurait pu éviter le drame de Lyhanna. L'avocat de la mère de Rosa, Pierre Debuisson, a vivement critiqué la décision de la CJR, la qualifiant de « décision lapidaire » qui consacre selon lui « l'impunité du garde des Sceaux et de l'administration du ministère de la Justice ». La commission a estimé que les infractions reprochées au ministre n'étaient pas caractérisées. Cette décision est définitive et n'est susceptible d'aucun recours, ce qui ferme la voie judiciaire empruntée par la famille pour mettre en cause la responsabilité pénale du ministre dans cette affaire.

Budget 2027 : Lecornu réunit son gouvernement en séminaire pour trouver 30 milliards d'économies
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni son gouvernement en séminaire le 17 septembre pour préparer le budget 2027, dont l'effort global doit atteindre environ 54 milliards d'euros — dont 30 milliards proviendraient directement de réductions de dépenses. Il a demandé à chacun de ses ministres d'identifier de nouveaux leviers d'économies, avec pour objectif de stabiliser les dépenses de l'État hors défense au même niveau qu'en 2026. Pour y parvenir, Lecornu a annoncé rouvrir les « lettres-plafonds » de chaque ministère — les documents qui fixent leurs limites de dépenses annuelles — afin d'en extraire un effort supplémentaire. Cette réouverture, inhabituelle à ce stade du calendrier budgétaire, traduit la volonté du gouvernement d'aller plus loin que les arbitrages déjà annoncés. Plusieurs pistes concrètes sont sur la table : la suppression de l'abattement fiscal dont bénéficient les retraités, le gel de leurs pensions, ou encore une réduction de la durée maximale de certains arrêts maladie. Le gouvernement envisage aussi des ajustements sur les salaires des ministres et de leurs conseillers, présentés comme un geste d'« exemplarité » de l'État. « L'État qui s'impose l'exemplarité la plus stricte pour l'évolution de ses dépenses » doit montrer l'exemple, a insisté le Premier ministre pour justifier ces mesures, y compris les plus symboliques. Gabriel Attal, candidat Renaissance à la présidentielle de 2027, a lui-même reconnu que ces économies sur les rémunérations ne résoudraient pas structurellement le déficit, mais qu'elles envoyaient un signal politique important aux Français. Ce cap budgétaire s'inscrit dans un climat de tensions au sein de la majorité et au-delà : Marine Le Pen réclame une baisse des taxes sur les carburants pour éviter, selon elle, un « risque de blocage de l'économie », tandis que la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon assure que « les retraités ne seront pas la vache à lait » de cet effort budgétaire.

Le député Philippe Brun exclu de la primaire socialiste après des accusations de violence
Le député socialiste de l'Eure Philippe Brun a tenu une conférence de presse le 16 septembre, au lendemain de son exclusion de la primaire PS-Place publique et de sa suspension par le bureau national du Parti socialiste. Cette décision fait suite à des accusations de violence portées par un ancien militant et collaborateur, qui a contacté le parti peu après que Brun ait réuni suffisamment de parrainages pour participer à la primaire. Le député rejette fermement ces accusations, qu'il qualifie de « calomnieuses ». Il affirme n'avoir « aucune connaissance des faits » reprochés et souligne qu'« aucune plainte n'a été déposée » à sa connaissance au moment de son exclusion. Il annonce vouloir engager des poursuites judiciaires pour rétablir sa version des faits. Brun accuse le parti d'avoir court-circuité la justice : « la justice semble avoir été remplacée par le Parti socialiste », a-t-il déclaré, dénonçant une manœuvre destinée selon lui à le « tuer politiquement » à quelques mois de l'échéance présidentielle. Le député insiste sur les conséquences personnelles de l'affaire, estimant que ces accusations « nuisent à [sa] réputation et détruisent [sa] vie privée ». Il affirme ne pas connaître l'origine réelle du différend et suggère que le parti a instrumentalisé un conflit avec un ancien collaborateur pour l'écarter de la course. Le calendrier des événements alimente les interrogations : l'ancien collaborateur a contacté le PS immédiatement après que Brun a validé sa qualification pour la primaire, une coïncidence qui nourrit les soupçons de calcul politique de la part de ses adversaires internes. À la mi-septembre, Philippe Brun demeure exclu du processus de la primaire, tout en annonçant vouloir déposer plainte pour que la justice tranche sur le fond des accusations portées contre lui.

Municipales : l'annulation des victoires LFI à Vaulx-en-Velin et Vénissieux préconisée
Le tribunal administratif de Lyon a préconisé, le 14 septembre, l'annulation des élections municipales de mars 2026 à Vaulx-en-Velin et Vénissieux, deux villes remportées par La France insoumise dans la banlieue lyonnaise. La rapporteure publique fonde sa recommandation sur des irrégularités relevées chez des listes concurrentes, et non chez les élus insoumis eux-mêmes. À Vaulx-en-Velin (53 000 habitants), le député insoumis Abdelkader Lahmar avait battu la socialiste sortante Hélène Geoffroy avec une avance de seulement 104 voix. À Vénissieux (65 000 habitants), le député Idir Boumertit l'avait emporté avec 25 voix d'avance sur la sortante communiste Michèle Picard. Ces deux communes comptent parmi les plus symboliques conquêtes de LFI après Saint-Denis et Roubaix. À Vaulx-en-Velin, la rapporteure pointe l'annulation de 693 bulletins en faveur d'une liste divers centre arrivée troisième, dont la tête de liste, Christine Bertin, n'avait pas déclaré la nationalité néerlandaise d'une colistière, en infraction avec le Code électoral. Bertin conteste cette annulation, affirmant que la préfecture l'avait informée tardivement et n'avait pas invalidé ces mêmes voix au premier tour. À Vénissieux, ce sont de fausses déclarations de domiciliation du candidat d'extrême droite Quentin Taïeb et de plusieurs colistiers qui posent problème. La magistrate y voit une « intention frauduleuse » et estime que l'écart réduit entre les listes justifie l'annulation complète du scrutin. Les juridictions administratives suivent le plus souvent l'avis de leurs rapporteurs publics, mais le tribunal de Lyon a repoussé sa décision définitive à une date encore inconnue — un délai qui illustre la sensibilité politique du dossier, une annulation pénalisant des élus insoumis pourtant absents de toute fraude reprochée. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une situation où, selon lui, « l'incompétence vient servir les manipulations politiques », pointant une « mauvaise surveillance préfectorale » et réclamant un « renouvellement préfectoral » en 2027 — une charge qui prolonge une polémique ouverte dès le mois d'août sur l'impartialité du corps préfectoral vis-à-vis des candidats insoumis.

Aurore Bergé veut inscrire le « contrôle coercitif » dans la loi contre les violences sexistes
La ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a annoncé le 16 septembre le dépôt d'un amendement destiné à faire entrer le « contrôle coercitif » dans le droit pénal français, à l'occasion de l'examen de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Le texte doit être débattu en séance publique à l'Assemblée nationale début octobre. Le contrôle coercitif désigne un mécanisme de domination au sein du couple qui ne repose pas nécessairement sur des violences physiques : surveillance permanente des activités quotidiennes de la victime, contrôle de ses dépenses, géolocalisation de son téléphone, restriction de ses sorties et de ses contacts sociaux. Pour Bergé, c'est l'accumulation de ces actes, pris isolément parfois anodins, qui finit par construire une véritable « privation de liberté » pour la victime. « La violence, ce n'est pas seulement des coups, et elle ne commence jamais par des coups », a insisté la ministre, pour justifier la nécessité de qualifier pénalement cette emprise avant même qu'elle ne débouche sur des passages à l'acte physiques. Le contrôle coercitif n'existe aujourd'hui pas en tant que tel dans le code pénal français. La notion n'a été reconnue par la justice que très récemment, à travers des décisions de la cour d'appel de Poitiers rendues en janvier 2024 — une première dans la jurisprudence française, mais qui reste isolée en l'absence de définition légale précise. Ce n'est pas la première tentative de la ministre sur ce dossier : Aurore Bergé avait déjà cherché à faire inscrire cette infraction dans la loi en 2025, sans que le texte n'aboutisse à l'époque. Elle mise cette fois sur le véhicule législatif plus large de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles pour faire passer la mesure.

Fausse information sur Rima Hassan : LFI réclame la démission du ministre Nuñez
L'émission « Complément d'enquête » de France 2 a révélé, dans un numéro diffusé les 16 et 17 septembre, que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez aurait lui-même contribué à diffuser des informations non vérifiées sur une prétendue détention de stupéfiants par l'eurodéputée La France insoumise Rima Hassan, lors d'une garde à vue survenue en avril. Cette enquête pour stupéfiants avait pourtant été classée sans suite après analyse des produits retrouvés. Selon les éléments recueillis par les journalistes, interrogé « hors micros » dans un train lors d'un déplacement aux côtés du Premier ministre, Nuñez aurait répondu « il se peut que ce soit exact » à propos de la drogue, avant de qualifier lui-même les produits, de façon approximative, de « truc de synthèse » et de possible « dérivé de la cocaïne » — tout en reconnaissant ne pas être expert du sujet. L'entourage du ministre conteste toutefois le cadre de cet échange, affirmant qu'il s'est tenu à l'initiative des journalistes et qu'il portait sur des éléments déjà connus publiquement. L'avocat de Rima Hassan, Vincent Brengarth, dénonce des faits d'une « exceptionnelle gravité », qui caractériseraient selon lui une atteinte au secret de l'enquête et à la présomption d'innocence de sa cliente. Il réclame l'ouverture d'une information judiciaire afin d'identifier les personnes à l'origine de ces fuites, ainsi qu'une audition rapide du ministre par un juge d'instruction. Du côté de La France insoumise, la réaction est sans détour : le mouvement, par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, estime que « Laurent Nuñez doit tirer les conséquences de la gravité des faits mis en lumière » et réclame purement et simplement sa démission. LFI dénonce un « acharnement » contre une figure de l'opposition et une « atteinte supplémentaire » aux droits de l'eurodéputée. L'affaire replace sous tension les relations déjà difficiles entre le ministère de l'Intérieur et LFI, alors que Rima Hassan fait par ailleurs l'objet de nombreuses autres procédures judiciaires distinctes, sans lien avec cette garde à vue d'avril.
Un train déraille à Elbeuf, cellule de crise déclenchée
Un train reliant Rouen à Caen a déraillé vendredi soir à Elbeuf, en Seine-Maritime. Le convoi transportait environ 200 passagers ; la préfecture a activé une cellule de crise pour coordonner les secours. Aucun bilan précis n'a encore été communiqué.

L'écart de taux France-Allemagne au plus haut depuis 14 ans
L'écart entre les taux d'emprunt français et allemands atteint son plus haut niveau en quatorze ans, reflétant la défiance des marchés envers la trajectoire budgétaire du pays et ses prévisions de croissance revues à la baisse.

La proposition de Mélenchon sur la dette critiquée
La proposition de Jean-Luc Mélenchon d'effacer une partie de la dette publique a été jugée « dangereuse et inutile » par des responsables économiques. Le débat sur la meilleure façon de redresser les finances publiques s'annonce vif avant les prochaines échéances électorales.