Budget 2027 : Bruno Retailleau réclame le retour de la réforme des retraites
Le président des Républicains et candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a exigé, le 16 septembre, que le gouvernement remette sur la table la réforme des retraites suspendue en 2025, en préalable à tout accord sur le budget 2027. « Un quart de la dépense publique, ce sont les retraites », a-t-il lancé, avant d'ajouter : « On veut taper les retraités tout en s'exonérant de la moindre responsabilité ? »
La suspension de la réforme, votée en 2025, résultait d'un compromis politique entre le gouvernement de Sébastien Lecornu et les socialistes, destiné à éviter une motion de censure. Depuis son entrée en vigueur le 1er septembre 2023, l'âge légal de départ progressait de trois mois par an vers un objectif de 64 ans en 2030 — une trajectoire aujourd'hui gelée.
Retailleau conditionne tout soutien de son camp au budget 2027 à la remise en route de cette trajectoire : « Il est hors de question de voter un appauvrissement des retraités si le gouvernement n'est pas à l'heure et au rendez-vous de sa propre responsabilité », a-t-il averti, visant directement l'exécutif à l'approche des arbitrages budgétaires.
Le sujet est d'autant plus sensible que le gouvernement cherche environ 30 milliards d'euros d'économies pour 2027, dont 6 milliards pesant spécifiquement sur les retraités, via trois pistes à l'étude : la désindexation des pensions les plus élevées, la suppression de l'abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités, ou une hausse de la CSG.
Le dossier révèle des lignes de fracture jusque dans le propre camp de Retailleau : la majorité sénatoriale LR avait rejeté la suspension de la réforme en 2025, mais les députés du parti s'étaient, eux, divisés lors du vote — 25 contre, 8 pour et 9 abstentions. Le sénateur centriste Olivier Henno a de son côté mis en garde contre le risque de réintégrer ce sujet clivant dans les négociations budgétaires, estimant que cela pourrait compliquer davantage l'adoption du texte.