Politique & Société

L'exécutif peut-il vraiment bloquer les réseaux sociaux pour contrer les violences ?

Rédaction ZapmoPresse-citronil y a 1 h2 min
Vidéo Zapmo · photo Ank Kumar · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

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La question du blocage des plateformes numériques revient en force au sommet de l'État. Après des épisodes de tensions et un précédent marquant avec la suspension de TikTok en Nouvelle-Calédonie, le Conseil d’État a rendu une décision confirmant que le gouvernement dispose de la possibilité de couper provisoirement l'accès à un service en ligne, bien que cela reste encadré par des conditions strictes.

Cette option s'invite régulièrement dans le débat public face aux mouvements de contestation. Lors de violences survenues le 17 octobre, Gabriel Attal a ainsi manifesté sa volonté de pouvoir couper l'accès aux réseaux sociaux. De la même manière, face aux appels à une « semaine noire » propagés en ligne et servant de caisse de résonance au mouvement lycéen, la question d'une suspension temporaire pour les mineurs a été posée, ciblant des applications comme TikTok, Instagram, Telegram ou Snapchat.

En parallèle, le front législatif continue d'avancer sur la question des mineurs. Après une censure par le Conseil constitutionnel, un projet de loi remanié visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été notifié à Bruxelles. L'exécutif montre sa détermination à aller au bout de cette démarche, affirmant que si un risque d'addiction est avéré, la mesure doit pouvoir s'appliquer. Le texte initial adopté par le Parlement prévoyait une entrée en vigueur pour les nouveaux comptes.

Ces initiatives traduisent la volonté des autorités de reprendre le contrôle face à la viralité des contestations et aux risques d'embrasement numérique. Entre mesures d'urgence pour bloquer temporairement des flux et projets de loi pérennes pour restreindre l'accès des plus jeunes, la stratégie gouvernementale oscille entre régulation des usages et impératif de maintien de l'ordre.

Les débats sur ces restrictions soulignent la complexité juridique et technique de telles décisions, qui se heurtent aux libertés fondamentales et au droit européen. Alors que la France cherche à inscrire durablement ces interdictions dans son droit national, la question de l'équilibre entre sécurité publique et liberté d'expression numérique reste plus que jamais ouverte.

Source originale : Presse-citron↗