Le gouvernement a-t-il voulu couper les réseaux sociaux lors des manifestations ?
Les vidéos
La question de la régulation des plateformes numériques en période de tension refait surface au sommet de l'État. En 1999, sous le gouvernement de Lionel Jospin, une charte graphique gouvernementale unifiée est adoptée, associant notamment la Marianne et la devise républicaine pour symboliser l'autorité de l'État. Des décennies plus tard, cette autorité se heurte aux nouveaux canaux de communication que sont les réseaux sociaux, utilisés massivement par les citoyens.
Selon des révélations issues d'une enquête journalistique, le Premier ministre Sébastien Lecornu aurait demandé aux quatre principaux opérateurs de télécommunications en France, à savoir Free, Orange, SFR et Bouygues Telecom, de se préparer à un éventuel blocage de l'accès à certaines plateformes. Cette injonction ciblait particulièrement des applications comme TikTok, Instagram, Snapchat ainsi que X.
Les documents et courriers confidentiels ayant fuité suggèrent qu'une telle coupure était envisagée pour être opérationnelle lors de la journée de mobilisation du 24 octobre, faisant suite à des tensions et des pillages constatés lors d'événements précédents, notamment le 17 octobre. Face à ces demandes, les opérateurs de télécoms auraient toutefois exprimé des doutes quant à la mise en œuvre technique et juridique d'une telle mesure.
Du côté des acteurs numériques, certaines plateformes affirment avoir pris des dispositions. TikTok a ainsi indiqué avoir procédé à des modifications sur certains de ses paramètres afin de renforcer ses protocoles de crise en réponse aux demandes des autorités, cherchant à éviter une coupure pure et simple.
Cette perspective de censure temporaire relève pour l'instant d'une phase de préparation et non d'une décision actée, mais elle réactive un débat vif sur les libertés numériques en France. En 2024, un blocage de TikTok avait déjà été ordonné en Nouvelle-Calédonie, avant d'être ultérieurement jugé illégal par le Conseil d'État. En métropole, la faisabilité légale de telles restrictions reste donc extrêmement complexe et incertaine, comme l'ont souligné plusieurs responsables politiques.





