Politique & Société

Le maire de Paris auditionné au Sénat sur les violences sexuelles dans le périscolaire

Rédaction ZapmoPublic Sénatil y a 20 j
Le maire de Paris auditionné au Sénat sur les violences sexuelles dans le périscolaire
EC - Service audiovisuel · CC BY 4.0 (Wikimedia Commons)

Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a été entendu le 16 septembre par la commission d'enquête sénatoriale sur les violences sexuelles dans le périscolaire parisien. Visé personnellement par des plaintes pénales pour « mise en danger délibérée de la vie d'autrui » et « non-dénonciation d'agression », l'élu socialiste a présenté ses « plus profonds regrets » tout en rejetant fermement toute idée de dissimulation organisée : « On ne couvre pas de pédophiles à la ville de Paris », a-t-il déclaré devant les sénateurs.

Les chiffres qu'il a présentés donnent la mesure du scandale : entre novembre 2025 et fin août 2026, 235 enquêtes ont été ouvertes pour violences sur mineurs dans le périscolaire parisien, 195 agents ont été suspendus dont 74 pour violences sexuelles, et 101 signalements ont été transmis à la justice au titre de l'article 40 du code de procédure pénale. Grégoire attribue cette « explosion » des chiffres à une « libération de la parole » plutôt qu'à une hausse réelle des faits.

Le maire a dû reconnaître une faille administrative embarrassante : un agent mis en cause, pourtant visé par un classement sans suite, avait été réaffecté dans une autre circonscription sans être fiché. « C'est illégal », a-t-il admis, expliquant cette pratique par l'absence de cadre légal permettant de conserver une trace administrative après un classement sans suite. Depuis décembre 2025, la mairie enregistre malgré tout ces dossiers, au risque de s'exposer à des recours contentieux.

Grégoire a insisté sur les limites du droit national qui, selon lui, entravent l'action des municipalités : absence de fichier centralisé des signalements, partage insuffisant d'informations avec le parquet, obligation légale de réintégrer un agent en l'absence de preuve matérielle. Il plaide pour des « modifications législatives et réglementaires urgentes », dont la création d'un diplôme d'État d'animateur et un allongement à quatre mois, renouvelable une fois, des suspensions administratives.

Sur le plan des mesures concrètes, il a détaillé deux plans d'action lancés en avril et juillet 2026 : vérification systématique via le fichier FIJAIS depuis juillet, généralisation du BAFA à l'ensemble des animateurs, port de badges obligatoire, contractualisation de 2 000 vacataires sur trois ans et création de 35 postes d'éducateurs de jeunes enfants.

Le maire a par ailleurs concédé un « manque de transparence » passé de la ville, reconnaissant que les réunions publiques d'information ne se tenaient « pas systématiquement » et que la remontée d'informations en interne « n'a pas toujours fonctionné ». Il a conclu son audition sur un avertissement : « Ce qui se passe à Paris est une avant-garde de ce qui se passera ailleurs. Les signalements vont exploser partout. »

Source originale : Public Sénat↗