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Le procès pour corruption de Rachida Dati et Carlos Ghosn s'ouvre à Paris

Rédaction ZapmoFrance Infoil y a 20 j
Le procès pour corruption de Rachida Dati et Carlos Ghosn s'ouvre à Paris
Laurent Vu · CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux puis ministre de la Culture, comparaît depuis le 16 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour corruption passive et trafic d'influence passif. L'affaire porte sur 900 000 euros d'honoraires d'avocate que Renault-Nissan lui a versés entre 2010 et 2012, alors qu'elle exerçait son premier mandat de députée européenne. Les procureurs mettent en doute la réalité du travail juridique fourni, évoquant de « rares documents remis ou découverts » au cours de l'enquête.

Carlos Ghosn, l'ancien PDG de Renault-Nissan, est jugé dans le même dossier pour corruption active, trafic d'influence actif, abus de pouvoir et abus de confiance. En fuite au Liban depuis fin 2019, il a demandé le report du procès en invoquant des vices de procédure sur ses délais de convocation, ainsi qu'une audition par visioconférence. Le tribunal a rejeté sa demande, permettant l'ouverture du procès en son absence.

Le scénario retenu par l'accusation repose sur un échange présumé entre les deux prévenus : Dati aurait mené un travail de lobbying auprès du Parlement européen en faveur du constructeur automobile, en contrepartie des rémunérations versées par Renault-Nissan. Son avocat, Olivier Pardo, a reconnu que l'absence de Ghosn serait « dommageable » car elle empêche d'éclaircir la nature exacte de leur relation professionnelle, tout en s'opposant à un renvoi : « il est temps pour elle de s'expliquer », a-t-il déclaré.

La présidente du tribunal, Claire Saas, avait le choix entre trois options — maintenir le procès avec un jugement par défaut pour Ghosn, le reporter, ou disjoindre les deux dossiers — et a choisi de le maintenir tel que prévu. L'audience doit se dérouler sur six après-midi, jusqu'au 28 septembre. Rachida Dati encourt jusqu'à dix ans de prison et 450 000 euros d'amende, soit la moitié des honoraires perçus.

L'équipe de défense de Dati, composée d'Olivier Pardo, Olivier Baratelli et Antoine Beauquier, entend démontrer que le travail juridique facturé a bien été effectué, face au scepticisme du parquet sur l'insuffisance de la documentation produite. Le Parquet national financier comme les parties civiles se sont opposés à toute disjonction des dossiers, souhaitant que les deux prévenus soient jugés ensemble malgré l'absence de Ghosn à l'audience.

Source originale : France Info↗