Marine Le Pen fait sa rentrée à Hénin-Beaumont autour de la « priorité nationale »

Marine Le Pen a fait sa rentrée politique le 13 septembre à Hénin-Beaumont, son fief du Pas-de-Calais, pour un discours présenté comme le coup d'envoi de sa campagne pour la présidentielle de 2027. « Cette élection présidentielle va tout décider », a-t-elle lancé, plaçant la « priorité nationale » — réserver certains droits et prestations aux seuls citoyens français — au cœur de son projet.
Ce retour intervient après deux semaines agitées pour le Rassemblement national : l'échec d'une proposition de référendum sur l'interdiction du voile dans l'espace public, et le limogeage du chef de la police de Carcassonne pour des propos racistes, homophobes et sexistes. Des tensions avaient également été évoquées entre Marine Le Pen et le président du parti Jordan Bardella, présent à ses côtés lors du discours mais resté silencieux.
Sur le logement, Le Pen a proposé de démanteler la loi SRU de 1999, qui impose aux communes un quota de logements sociaux, de vendre une partie du parc social aux résidents français et d'expulser les « familles délinquantes » des logements sociaux. Elle a aussi promis de réserver l'aide personnalisée au logement (APL) aux seuls Français et de donner la priorité aux nationaux dans l'attribution des logements sociaux.
En matière d'environnement, la candidate veut supprimer le diagnostic de performance énergétique (DPE), qu'elle qualifie de « norme absurde », mettre fin à l'objectif « zéro artificialisation nette » (ZAN) et remplacer l'aide à la rénovation MaPrimeRénov' par un dispositif de prêt à taux zéro baptisé « 100 % rénov' », tout en proposant de céder du foncier public gratuitement aux promoteurs en échange de la construction de logements abordables.
Sur le plan interne, le maire d'Hénin-Beaumont et proche de Le Pen, Steve Briois, a minimisé les spéculations sur des frictions avec Bardella, assurant que celui-ci sait que « l'intérêt suprême est celui de la nation ». Le discours visait autant à afficher une candidate prête à gouverner qu'à ressouder le parti avant l'entrée officielle en campagne.