Corse : le Sénat rejette l’autonomie, les élus insulaires claquent la porte
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Le Sénat, installé au Palais du Luxembourg dans le 6e arrondissement de Paris, a rendu son verdict sur l'avenir institutionnel de l'île de Beauté. Dans la nuit du lundi 26 au mardi 27 octobre 2026, les sénateurs ont rejeté le projet de loi constitutionnelle qui prévoyait d'accorder l'autonomie à la Corse. Ce vote marque un tournant majeur après quatre ans de discussions intenses entre les élus locaux et l'État.
Le texte proposé visait à instaurer une « Corse autonome au sein de la République ». L'enjeu principal était d'accorder un pouvoir législatif à l'assemblée locale pour traiter des sujets concrets comme le logement ou l'organisation administrative. Toutefois, la majorité sénatoriale a bloqué cette réforme, estimant que les conditions n'étaient pas réunies pour modifier la Constitution en ce sens.
La réponse des représentants corses a été immédiate et radicale. Les autonomistes ont annoncé leur retrait du « processus de Beauvau », ces négociations lancées en 2022 pour définir le nouveau statut de l'île. Le leader nationaliste Gilles Simeoni avait prévenu qu'un tel rejet par le Parlement serait « lourd de conséquences » pour la suite des relations avec Paris.
Du côté du gouvernement, on tente de limiter la casse. La ministre de l'Aménagement du territoire, Françoise Gatel, a affirmé que l'exécutif « continuera à dialoguer » malgré ce revers législatif. Le ministère a également fait savoir qu'il souhaitait réunir rapidement les élus corses pour tenter de relancer les échanges et éviter une rupture totale du dialogue.
Pour certains experts, comme Benjamin Morel, cette issue était prévisible. Il souligne que si beaucoup d'acteurs politiques anticipaient l'échec du texte, aucun ne voulait en porter officiellement la responsabilité. Ce blocage laisse les habitants face aux mêmes problématiques locales, sans les nouveaux outils juridiques espérés par les partisans de l'autonomie.





