Mobilisation lycéenne : près de 6 900 gardes à vue enregistrées, une large majorité de mineurs concernés
Depuis le début de la mobilisation lycéenne et étudiante, amorcée à la mi-septembre 2026 pour dénoncer les conditions d'enseignement et de scolarité à travers le pays, les chiffres de la répression judiciaire interpellent. Un bilan communiqué vendredi par le ministère de la justice fait état d'un total de 6 877 placements en garde à vue depuis le début du mouvement.
Dans le détail, les données officielles révèlent que 86 % des personnes ainsi interpellées et placées en garde à vue sont des mineurs. Le phénomène touche également les territoires ultra-marins : à La Réunion, les autorités judiciaires recensent au moins 98 gardes à vue depuis le début des événements, illustrant l'ampleur nationale de la contestation.
Face à l'afflux de ces procédures, les réactions syndicales et associatives ne se sont pas fait attendre. Le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France ont ainsi publiquement dénoncé ce qu'ils qualifient de répression intense. Des avocats représentant des adolescents placés en garde à vue rapportent également des conditions d'interpellation tendues, pointant du doigt des pressions et des insultes, et affirmant que le comportement des forces de l'ordre ne serait pas suffisamment adapté à l'âge des jeunes clients.
Sur le plan judiciaire, la suite des procédures varie considérablement selon les profils et les parquets. Selon les bilans communiqués, seule une fraction minoritaire des personnes interpellées fait l'objet de poursuites judiciaires, tandis que vingt et une personnes ont été placées en détention provisoire depuis le début de la contestation.
Parallèlement, l'institution policière fait l'objet de vérifications internes. Le ministère de l'Intérieur a ainsi déclaré que l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) a ouvert 24 enquêtes depuis le début du mouvement pour faire la lumière sur les agissements survenus en marge des rassemblements, des blocus et des manifestations.